Pourquoi vos vidéos sont mal référencées

Une vidéo bien produite et correctement balisée peut n'apparaître nulle part dans les résultats vidéo. L'explication tient le plus souvent à une règle éditoriale que peu de sites ont intégrée.

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Pourquoi vos vidéos sont mal référencées
Photo by Solen Feyissa / Unsplash

Une vidéo bien produite, intégrée dans une page correctement rédigée, n'apparaît pourtant nulle part dans les résultats vidéo de Google. Le cas est banal, et l'explication est rarement celle qu'on imagine : dans la grande majorité des situations, le problème n'est ni la qualité du contenu ni le balisage, mais une règle de nature éditoriale que Google applique depuis fin 2023 et que peu de sites ont intégrée.

Le sujet mérite d'être repris depuis les fondations, parce qu'il est encombré de conseils périmés. Plusieurs balises couramment recommandées sont officiellement abandonnées, plusieurs motifs d'erreur listés dans les tutoriels français n'existent plus depuis décembre 2023, et l'idée la plus répandue de toutes — que Google lirait vos fichiers de sous-titres — n'est étayée par aucune documentation.

Trois propriétés obligatoires, et pas une de plus

Commençons par ce qui surprend le plus. Le type VideoObject n'exige de Google que trois propriétés : le nom de la vidéo, l'URL de sa miniature et sa date de mise en ligne. Tout le reste — description, durée, URL du fichier, URL d'intégration — relève des propriétés recommandées, contrairement à une idée solidement installée.

Cela ne signifie pas qu'il faille s'en tenir au minimum. Google précise que la propriété contentUrl, qui pointe vers le fichier vidéo lui-même et non vers la page qui l'héberge, est le moyen le plus efficace de lui permettre de récupérer le contenu, et recommande de la fournir lorsque c'est possible, embedUrl constituant une solution de repli. Or cette récupération conditionne l'accès aux aperçus vidéo et à la détection automatique des moments clés : les propriétés facultatives déterminent l'éligibilité aux fonctionnalités, même si leur absence n'empêche pas l'indexation.

Deux formats méritent une attention particulière, parce qu'ils sont la source d'erreurs faciles à éviter. La date de mise en ligne s'exprime au format ISO 8601, et Google recommande d'y faire figurer le fuseau horaire, faute de quoi il appliquera celui de son propre robot — une date correcte peut donc se retrouver décalée. La durée s'exprime elle aussi en ISO 8601, sous la forme PT00H30M5S pour trente minutes et cinq secondes, et non en nombre de secondes. On notera l'incohérence apparente avec le sitemap vidéo, où la durée se compte, elle, en secondes.

Une remarque de terrain, enfin, qui n'a rien d'anecdotique : les blocs de données structurées se copient volontiers d'un article à l'autre, et l'on rencontre régulièrement des pages en production dont la date de mise en ligne contient encore le texte du gabarit, du type « à compléter ». Le robot ne le devine pas : la propriété est invalide, et la vidéo perd son éligibilité aux résultats enrichis. Le vérificateur de résultats enrichis signale ce cas immédiatement, encore faut-il l'exécuter.

La règle qui élimine la plupart des pages

Voici le point décisif, et la raison pour laquelle tant de vidéos correctement balisées n'apparaissent jamais. Google n'indexe une vidéo que depuis une page de visionnage, définie comme une page dont l'objet principal est de montrer une seule vidéo.

La documentation donne des exemples dans les deux sens, et ils sont sans ambiguïté. Sont des pages de visionnage : une page d'atterrissage vidéo, la page d'un épisode de série, une page de vidéo d'actualité, un résumé sportif. N'en sont pas : un article de blog qui commente une vidéo intégrée, une fiche produit comportant une vidéo à 360 degrés, une page de catégorie listant plusieurs vidéos d'égale importance, une critique de film accompagnée de sa bande-annonce.

Autrement dit, la configuration la plus répandue sur les sites éditoriaux — un article de fond qui intègre une vidéo d'illustration — est structurellement exclue des résultats vidéo. Ce n'est pas une sanction : Google précise qu'une page de ce type reste parfaitement éligible aux résultats textuels et aux résultats images avec un badge vidéo. Elle perd seulement l'accès au mode Vidéos et aux fonctionnalités associées.

Trois autres exigences complètent la règle, et chacune fait tomber des pages. La page de visionnage doit être indexée, et Google ajoute une condition que l'on lit rarement : une page indexée doit déjà obtenir de bons résultats dans la recherche avant que sa vidéo puisse être envisagée pour l'indexation. Le lecteur ne doit pas être masqué par d'autres éléments. Et surtout, la vidéo ne doit pas dépendre d'une action de l'utilisateur pour se charger : ni défilement, ni clic, ni saisie. Une vidéo placée derrière un onglet, un accordéon, une fenêtre modale, ou derrière une image de prévisualisation qu'il faut cliquer pour que le lecteur apparaisse, n'est pas indexable comme vidéo. Ce dernier cas porte d'ailleurs son propre motif d'erreur dans la Search Console.

La miniature, cause d'échec silencieux

La miniature concentre à elle seule sept des motifs d'erreur du rapport d'indexation vidéo, ce qui donne une idée de sa place réelle.

Les exigences sont chiffrées. Les formats acceptés sont le BMP, le GIF, le JPEG, le PNG, le WebP, le SVG et l'AVIF. La taille minimale est de soixante pixels par trente, les dimensions supérieures étant préférées — et il faut noter que Google ne publie ni maximum ni rapport d'aspect recommandé, contrairement aux valeurs de 1280 par 720 que l'on voit citer partout. Le fichier doit être accessible aux robots d'exploration, images comprises, et disponible de façon stable à une URL qui ne change pas : Google signale explicitement que certains réseaux de distribution utilisent des URL à expiration rapide, et qu'une miniature dont l'adresse change trop souvent empêche l'indexation. Enfin, au moins 80 % des pixels doivent avoir une valeur de transparence supérieure à 250, ce qui revient à interdire les miniatures partiellement transparentes.

Une contrainte moins connue mérite d'être signalée : Google accepte quatre sources de miniature — l'attribut poster de la balise vidéo, la balise du sitemap, la propriété des données structurées et la métadonnée Open Graph — et demande expressément que la même URL soit utilisée dans toutes. Une incohérence entre ces sources est un motif d'échec.

Le sitemap vidéo n'est pas mort

On lit régulièrement que les données structurées auraient rendu le sitemap vidéo obsolète. La documentation de Google dit exactement l'inverse : elle recommande l'usage des sitemaps vidéo, tout en indiquant prendre également en charge les flux mRSS, et met les trois formats — données structurées, sitemap et Open Graph — sur le même plan.

Un sitemap vidéo requiert quatre éléments par vidéo : la miniature, le titre, la description — limitée à 2 048 caractères — et, au choix, l'URL du fichier ou celle du lecteur. Les entités HTML doivent être échappées ou encapsulées. Plusieurs balises optionnelles restent utiles, notamment la durée, exprimée en secondes entre 1 et 28 800, la date de publication, les restrictions géographiques, le caractère familial du contenu et l'indication d'un direct.

Quelques balises, en revanche, sont officiellement dépréciées et continuent pourtant de circuler dans les tutoriels : la catégorie, la galerie, le prix, la série télévisée, ainsi que les attributs de lecture automatique et d'autorisation d'intégration. Les conserver n'apporte rien.

Les moments clés

Google détecte seul les segments d'une vidéo et peut afficher des moments clés sans aucune intervention de votre part. Le balisage sert uniquement à reprendre la main, et la documentation indique que les moments définis manuellement sont prioritaires.

Deux méthodes coexistent. Le balisage Clip consiste à déclarer soi-même chaque segment avec un titre, un décalage de départ en secondes et une URL pointant vers cet instant précis ; il fonctionne dans toutes les langues où la recherche Google est disponible. L'action SeekToAction consiste au contraire à décrire à Google la structure de vos URL horodatées et à le laisser détecter lui-même les segments ; elle est limitée à une douzaine de langues, dont le français.

Trois conditions d'éligibilité communes éliminent une partie des candidats. La vidéo doit pouvoir être atteinte par un lien profond pointant ailleurs qu'à son début. Le balisage doit figurer sur une page où l'utilisateur peut effectivement regarder la vidéo. Et sa durée totale doit atteindre au moins trente secondes.

Une vidéo YouTube intégrée sur votre site

La situation est plus favorable qu'on ne le croit généralement. Google indique que lorsqu'un site intègre une vidéo provenant d'une plateforme tierce, il peut indexer cette vidéo à la fois sur votre page et sur la page équivalente de la plateforme, et que les deux versions peuvent apparaître dans les fonctionnalités vidéo, dès lors que les pages satisfont aux critères d'indexation. Il recommande d'ailleurs de fournir malgré tout des données structurées sur votre page d'intégration, et d'y inclure ces pages dans vos sitemaps vidéo.

Ce que Google ne dit nulle part, en revanche, c'est laquelle des deux pages est privilégiée en cas de concurrence, ni comment la vidéo est attribuée. L'affirmation répandue selon laquelle « YouTube gagne toujours » n'a aucune source officielle. Tout au plus l'aide de la Search Console précise-t-elle que lorsque plusieurs URL sont jugées équivalentes, Google peut combiner leurs métadonnées, en prenant par exemple le titre de l'une et la miniature de l'autre.

Les sous-titres : ce que Google dit, et ce qu'il ne dit pas

C'est le point où la croyance collective s'écarte le plus de la documentation, et il vaut mieux le dire nettement.

La page de bonnes pratiques vidéo de Google ne contient aucune mention des mots transcription, sous-titre ou légende. Les propriétés transcript et caption existent bien dans le vocabulaire schema.org, mais elles ne figurent ni parmi les propriétés requises ni parmi les propriétés recommandées par Google. Et la liste officielle des types de fichiers indexables par Google ne mentionne aucun format de sous-titres, ni WebVTT ni SubRip.

L'idée que Google lirait vos fichiers de sous-titres est donc une hypothèse de la communauté, jamais confirmée. Ce qui est documenté, c'est que Google exploite le texte de la page et qu'il peut récupérer et analyser les octets du fichier vidéo pour alimenter les aperçus et les moments clés automatiques. La conséquence pratique est simple et elle est rassurante : publier la transcription en texte visible sur la page relève du contenu HTML ordinaire, donc indexable avec certitude. C'est le seul conseil de cette section qui repose sur quelque chose de solide, et c'est aussi le plus efficace.

Du côté de YouTube, l'argumentaire officiel en faveur des sous-titres porte sur l'accessibilité et sur l'élargissement de l'audience, jamais sur le classement. La même page d'aide précise d'ailleurs, au sujet des mots-clés associés à une vidéo, qu'ils servent principalement à compenser les fautes d'orthographe courantes — ce qui devrait clore un autre débat.

Lire le rapport de la Search Console

Le rapport d'indexation vidéo indique combien de vidéos sont éligibles aux fonctionnalités vidéo et pourquoi les autres ne le sont pas. Deux précisions évitent les faux diagnostics.

La première est que le rapport ne couvre que les pages indexées : une page non indexée, y compris parce qu'elle n'est pas canonique, n'y figure pas du tout, ce qui explique la plupart des écarts entre le nombre de vidéos réelles et le nombre affiché. La seconde est que la date de dernière exploration mentionnée dans le détail d'un problème concerne la page, et non la vidéo.

Le rapport fournit par ailleurs l'information la plus directement utile de tout le sujet : pour chaque URL, il indique si Google considère la page comme une page de visionnage. Une réponse négative se traduit par la mention que la page contient d'autres contenus significatifs en plus de la vidéo — c'est le diagnostic que l'on cherche, et il est explicite.

Dernier point à connaître, parce qu'il fausse encore beaucoup d'audits : sept anciens motifs d'erreur, relatifs au format de la vidéo, à sa position dans la page ou à sa taille, ont été supprimés en décembre 2023 et fusionnés dans le motif unique relatif à la page de visionnage. Les articles qui les listent encore décrivent un rapport qui n'existe plus.

Questions fréquentes

Faut-il créer une page dédiée pour chaque vidéo ?

C'est la seule façon d'être éligible aux résultats vidéo, puisque Google n'indexe les vidéos que depuis des pages dont elles constituent le contenu principal. Rien n'empêche de publier la même vidéo sur une page dédiée et dans un article de fond : la première vise le mode Vidéos, le second les résultats textuels.

Une vidéo chargée au clic peut-elle être indexée ?

Non. Google demande explicitement de ne pas dépendre d'une action de l'utilisateur pour charger la vidéo, et le cas de l'image cliquable qui déclenche l'apparition du lecteur porte son propre motif d'erreur. Le lecteur doit être présent à sa taille et à sa position réelles dès le chargement de la page.

Le balisage garantit-il l'affichage d'un résultat enrichi ?

Non, et Google le rappelle lui-même : rien ne garantit que l'ajout d'un balisage produira une fonctionnalité donnée dans les résultats. Le balisage rend éligible, il ne décide pas.

Faut-il indiquer le fuseau horaire dans la date de mise en ligne ?

Google le recommande sans l'imposer, en précisant qu'à défaut il appliquera le fuseau de son robot. Pour une publication française, l'écart peut décaler la date affichée d'une journée : autant l'indiquer.

Sources

  • Google Search Central, Video (VideoObject, Clip, BroadcastEvent) structured data.
  • Google Search Central, Video SEO best practices.
  • Google Search Central, Video sitemaps and alternatives et File types indexable by Google.
  • Google Search Central Blog, Video mode now only shows pages where video is the main content (4 décembre 2023).
  • Aide Search Console, Video indexing report.
  • schema.org, VideoObject.
  • Aide YouTube, Ajouter des sous-titres et Search and discovery on YouTube.

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